LA CONSOMMATION DE DROGUES : un comportement humain

a. La recherche de sens

Tous les comportements que nous adoptons manifestent une logique au niveau de notre expérience de vie. Ils
sont en lien avec ce que nous pensons et ressentons, ils témoignent de ce qui est important pour nous à un
moment précis dans un contexte donné.
La consommation de drogues s’inscrit dans la même logique : toute réflexion sur les assuétudes va s’intéresser au
sens que peut revêtir l’usage d’un produit par un individu dans un certain milieu de vie.

“ Que recherche le jeune lorsqu’il adopte tel comportement ? ”
“ Qu’est-ce que cela lui apporte de positif ? ”
“ En quoi est-ce important pour lui ? ”
“ Qu’est-ce que cela prouve pour ce jeune ? ”

De multiples motivations peuvent être à l’origine d’un recours à des substances psychoactives, en voici quelques exemples.

• Découvrir de nouvelles sensations : On associe souvent la notion de “plaisir” à leur usage. Encore faut-il spécifier ce terme trop vague, puisqu’il recouvre des sensations variées comme se procurer un moment de détente ou vivre intensément, s’éclater, être cool…
• Partager des émotions collectives : Certains usages en groupe sont propices à renforcer la cohésion, la communication entre les participants, à partager un événement…
• Se prouver à soi-même et aux autres qui on est : La réprobation des adultes et l’interdit de la société peuvent instituer la consommation de drogues en enjeu pour tester ses limites, s’affirmer.
• Renforcer ses performances : Les psychostimulants renforcent l’endurance, stimulent l’activité mentale…
• Avoir une meilleure image de soi : Les psychotropes ont la capacité de désinhiber, ce qui permet à certains utilisateurs de surmonter leurs craintes, d’avoir assez d’audace pour oser aborder les autres, agir comme ils le désirent…
• Affirmer son autonomie face au monde des adultes.
• Rétablir un équilibre ou rechercher un mieux-être face à des situations difficiles, à un vécu douloureux ou insatisfaisant…
• Calmer la douleur, trouver le sommeil.

Toute généralisation n’a dès lors aucun sens. Chaque expérience de consommation d’une substance psychotrope est spécifique et demande à être lue au travers de l’interaction de trois facteurs : le produit, l’individu et l’environnement que nous détaillons dans le chapitre suivant.

b. Les polarités

Les motivations qui poussent un individu à consommer sont compréhensibles par rapport à ce qu’il vit dans son contexte. Cependant, si la recherche au travers du comportement adopté doit être reconnue, le comportement peut être jugé inadéquat, voire inacceptable.
Il peut revêtir certains risques qui sont à évaluer avec les jeunes. Apprendre à les gérer, découvrir d’autres comportements plus épanouissants favorisent chez les jeunes une responsabilisation par rapport à leurs choix de vie.

Il arrive que nous soyons tiraillés entre plusieurs motivations qui nous poussent à adopter un comportement d’une part et à le refuser ou à essayer de nous en débarrasser d’autre part.

Nous nous sentons divisés en deux parties : l’une veut, l’autre pas. Ces parties conflictuelles de nous-mêmes, nous les appellerons des “ polarités ”. Elles se succèdent dans le temps et entrent en conflit par le biais de nos dialogues intérieurs. Si nous n’arrivons pas à sortir de ce dialogue interne, c’est parce que chacune de ces parties cherche à satisfaire des valeurs importantes. Celles-ci peuvent paraître conflictuelles : faire plaisir à l’autre ou à soi, choisir la sécurité ou l’aventure, vivre un plaisir immédiat ou avoir des objectifs à long terme…

Les personnes qui se sentent dépendantes de la nourriture, du tabac, de l’alcool, de drogues illicites… connaissent cette expérience. Chacun de nous peut aussi connaître ce dilemme lorsqu’il n’arrive pas à prendre une décision.
Face aux assuétudes et aux comportements à risque, les jeunes peuvent ressentir cette ambivalence. L’adulte aura tendance à ne prendre en compte que les motivations qui renforcent les jeunes dans leur décision de s’abstenir.

Si l’adulte ne leur permet pas d’explorer la part d’eux-mêmes qui pourrait chercher une satisfaction à travers un comportement à risque, ces jeunes ne pourront envisager des alternatives d’autres choix de comportements. Au travers d’animation, il est intéressant de faciliter l’expression des motivation sous-jacentes de tels comportements.
Les outils que nous proposons sont soucieux d’une telle dynamique